{"id":113,"date":"2023-10-03T20:32:31","date_gmt":"2023-10-03T18:32:31","guid":{"rendered":"http:\/\/www.liberacite.com\/?page_id=113"},"modified":"2024-08-24T10:23:26","modified_gmt":"2024-08-24T08:23:26","slug":"je-suis-un-chien","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.liberacite.com\/index.php\/je-suis-un-chien\/","title":{"rendered":"Je suis un chien"},"content":{"rendered":"\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Premi\u00e8re fable<\/h3>\n\n\n\n<p>17 mai 2023<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le troupeau<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Je suis un chien. Un grand chien blanc, ma taille en impose et mes aboiements sont puissants, m\u00eame lorsque j\u2019essaie de moins tonner. Je n\u2019ai jamais su glapir, si ce n\u2019est dans des moments d\u2019extr\u00eame d\u00e9tresse o\u00f9 je me suis isol\u00e9 pour la ravaler. Le Berger a disparu depuis longtemps. On ne s\u2019en souvient pas vraiment, les moutons et moi. Je navigue avec eux \u00e0 travers la vie et les champs. Je les aime beaucoup, nous avons grandi ensemble, nous sommes fr\u00e8res et s\u0153urs, bien que certains d\u2019entre nous savent que je suis diff\u00e9rent. Je ne parle pas de l\u2019apparence. Elle n\u2019importe pas. Quelles que soient notre taille ou notre couleur, nous appartenons tous au troupeau, nous sommes le troupeau. Les moutons noirs se distinguent bien plus que moi. Lorsque je baisse la t\u00eate et la queue, je peux passer inaper\u00e7u, pas eux. Pourtant donc, nous formons une grande famille. Ce qui me singularise est plus int\u00e9rieur. Je pense comme un chien, puisque je le suis. Les moutons pensent aussi, mais il semble que nos instincts respectifs nous poussent vers des conclusions diff\u00e9rentes quant au sens \u00e0 donner \u00e0 la vie et au chemin que nous parcourons ensemble.<\/p>\n\n\n\n<p>Que je l\u2019aime, ce troupeau. Jamais, je ne m\u2019en suis senti \u00e9cart\u00e9. M\u00eame quand je cours autour, quand je chahute ou rabroue l\u2019un ou l\u2019autre mouton, parfois de mani\u00e8re trop brusque, je le reconnais, ou quand au contraire je m\u2019\u00e9gare dans mes pens\u00e9es et que je m\u2019en \u00e9loigne doucement, jamais, le soup\u00e7on que je puisse ne pas en faire partie ne m\u2019a affleur\u00e9. Je suis n\u00e9 au sein du troupeau et j\u2019y mourrai. Chiot, j\u2019avais d\u00e9j\u00e0 compris que le sens de ma vie, c\u2019est justement la vie partag\u00e9e, ce don myst\u00e9rieux qui nous meut. \u00ab&nbsp;Tu ne tueras point&nbsp;\u00bb. Ce n\u2019est pas un commandement, mais l\u2019essence m\u00eame de notre existence. Finalement, le troupeau, c\u2019est mon univers. Et l\u2019univers, c\u2019est le troupeau.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le chien<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 cause du volume que j\u2019ai accumul\u00e9 avec l\u2019\u00e2ge, il est difficile de me rater. Et lorsque le troupeau doit prendre une d\u00e9cision importante, mes aboiements couvrent trop souvent les b\u00ealements de mes camarades. Quand j\u2019arr\u00eate de faire du bruit avec ma gueule, on dirait du silence. Pourtant, mes parents \u00e9taient plus petits. Mon p\u00e8re, blanc lui aussi, passait sans subterfuges pour un mouton. Ce n\u2019est que le soir, apr\u00e8s s\u2019\u00eatre bien d\u00e9salt\u00e9r\u00e9 au ruisseau, que son ton montait parfois, les mots s\u2019encha\u00eenant pour \u00e9taler son savoir de chien de berger. Il en savait des choses, mais il laissait ma m\u00e8re courir \u00e0 gauche, \u00e0 droite, devant et derri\u00e8re pour garder vaille que vaille le troupeau en formation. Elle \u00e9tait fatigante, rien qu\u2019\u00e0 la regarder courir. N\u2019\u00e9tant pas aussi immacul\u00e9e que nous, impossible pour elle de passer inaper\u00e7ue. En g\u00e9n\u00e9ral, elle n\u2019essayait m\u00eame pas, \u00e0 la fois fi\u00e8re et \u00e9puis\u00e9e par cette diff\u00e9rence. Elle faisait ind\u00e9niablement preuve d\u2019un bon sens instinctif. Mais ses courses incessantes dans tous les sens, malheureusement inefficaces, ont fini par consumer ses forces et lasser les moutons.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019aboie comme je suis. Beaucoup ne s\u2019en offusquent pas. Somme toute, rien de plus normal pour un chien. \u00c9videmment, pour ceux qui me prennent pour un mouton, \u00e7a d\u00e9range. Les b\u00ealeurs bien-pensants qui d\u00e9testent la diff\u00e9rence, souvent plus par principe ou par habitude que par conviction, me le font bien sentir. Apr\u00e8s tout, ils n\u2019en ont pas besoin. Ma truffe est assez grande pour que je le sente bien tout seul que je ne suis pas totalement comme eux. Mes sens en permanence en alerte, je suis toujours \u00e0 l\u2019aff\u00fbt d\u2019une id\u00e9e originale ou d\u2019un nouveau concept \u00e0 d\u00e9velopper. Mon cerveau n\u2019arr\u00eate jamais de penser. Comme si mon moteur, le premier, celui des philosophes, \u00e9tait plus actif. Comme si mon dialogue int\u00e9rieur, celui de Platon, \u00e9tait plus bruyant, plus puissant, plus \u00e9nerv\u00e9. Comme si mes connexions synaptiques s\u2019organisaient de mani\u00e8re plus complexe, plus dynamique. Comme si ma compr\u00e9hension du monde et du cosmos \u00e9tait plus profonde, plus aboutie. Comme si tout cela avait plus d\u2019importance pour moi que pour mes compagnons de route. Je fais partie du troupeau, donc je suis. Je pense, donc je suis diff\u00e9rent.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les loups<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai lu un jour que les loups sont mes cousins. Vous pouvez imaginer quel choc ce fut. Ceux qui nous menacent en permanence, sournoisement tapis dans l\u2019ombre puis d\u00e9boulant brutalement du bois pour manger mes fr\u00e8res et s\u0153urs, seraient comme moi. Les scientifiques semblent formels. J\u2019appartiendrais bien \u00e0 l\u2019esp\u00e8ce&nbsp;<em>Canis Lupus<\/em>. Je suis un canid\u00e9, tout comme mes ennemis. Quel savant fou a d\u00e9cid\u00e9 un jour funeste de nous classer dans la m\u00eame famille zoologique&nbsp;? Ou est-ce la Nature, notre m\u00e8re \u00e0 tous les animaux, qui se joue des chiens&nbsp;? Par quelle logique monstrueuse, nous permet-elle de nous croiser avec des loups, engendrant des b\u00e2tards, mi-chiots, mi-louveteaux&nbsp;? Je les hais quand m\u00eame. Visc\u00e9ralement. Ces \u00eatres malfaisants, profitant des faiblesses des moutons, si gentils et innocemment gr\u00e9gaires.<\/p>\n\n\n\n<p>Je leur ressemble, pourtant. C\u2019est un fait douloureux, mais ind\u00e9niable. Certains dans le troupeau ne m\u2019aiment pas trop, sans doute pour cette raison. Ils se m\u00e9fient, de mes dents trop pointues pour \u00eatre inoffensives, de ma gueule pro\u00e9minente qu\u2019ils croient pr\u00eate \u00e0 mordre \u00e0 tout moment, de mon allure inqui\u00e9tante pour un mouton, de mes hululements \u00e0 la pleine lune qui sonnent f\u00e2cheusement comme les leurs. Nos chants ne racontent pourtant pas la m\u00eame histoire. Ils parlent de combats, d\u2019exploitation du troupeau, de conqu\u00eates, du chef tout-puissant, de la violence pour seul dialogue et de la peur qui fait plier les faibles. Le loup est un loup pour les miens. Mon r\u00e9cit loue l\u2019harmonie, l\u2019entraide, l\u2019altruisme, la force et la puissance du collectif. Je leur ressemble physiquement. Nous sommes toutefois profond\u00e9ment diff\u00e9rents. Je guide parfois de mani\u00e8re trop ferme, je mordille parfois, j\u2019aboie parfois trop fort, mais je suis toujours au service du troupeau, j\u2019aime le troupeau, j\u2019aime en faire partie, j\u2019aime me laisser \u00e0 croire que je suis un mouton parmi les siens. Eux les exploitent pour leur unique int\u00e9r\u00eat.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les moutons<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Pour ceux qui ne prennent pas la peine d\u2019\u00e9couter mes amis les moutons et d\u2019essayer de les comprendre, leurs b\u00ealements peuvent sonner b\u00eatement. Dans leur cacophonie inintelligible de prime abord, ils se parlent pourtant. Que d\u2019histoires, de blagues, de rires, de pleurs, d\u2019exp\u00e9riences, de savoirs et de sagesses se m\u00e9langent dans ce chahut. Une musique rock\u2019n\u2019roll cosmique pour moi, le chien qui les \u00e9coute, couch\u00e9 dans l\u2019herbe, un \u0153il \u00e0 demi ouvert au cas o\u00f9 les loups reviendraient. Ceux-ci se moquent des moutons, les trouvent crasseux et b\u00eates \u00e0 manger du foin. Ils ne se privent pourtant pas de les croquer avec d\u00e9lectation. Sans mauvais jeu de mots, c\u2019est donner du lard au cochon. Sociables et intelligence collective, sont plut\u00f4t les termes qui me viennent directement \u00e0 l\u2019esprit. Toujours \u00e0 la t\u00e2che, toujours ensemble, toujours bruyants, toujours brouillons. La vie dans toute sa vitalit\u00e9, dans ce qu\u2019elle a de plus tangible et ancr\u00e9 dans la r\u00e9alit\u00e9. Quand je les accompagne dans leur transhumance, pelage blanc parmi les toisons blanches, je me sens pleinement vivre, comme une cellule dans un corps sain.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le berger<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La l\u00e9gende dans le troupeau raconte que le Berger nous menait jadis au bord du Jourdain. Il \u00e9tait bon, para\u00eet-il. La vie \u00e9tait rude, l\u2019herbe basse et s\u00e8che, mais il nous aimait comme un fr\u00e8re. Son P\u00e8re l\u2019aurait envoy\u00e9 pour nous guider vers de plus verts p\u00e2turages. Mais pas ailleurs, l\u00e0, sous nos pattes. Il nous expliqua que si nous ne mangions pas les racines, si nous nous entraidions, si nous pardonnions aux loups, si nous nous aimions les uns les autres, l\u2019herbe pousserait plus belle pour tous. Certains de nos anc\u00eatres se seraient alors plus souci\u00e9s d\u2019autrui, auraient pr\u00each\u00e9 la bonne parole et convaincu plus d\u2019un. Le temps s\u2019est \u00e9coul\u00e9, leur pr\u00e9sent est devenu pass\u00e9, leur v\u00e9cu, des souvenirs qui s\u2019estompent. Quoi qu\u2019on puisse encore en croire, des traces subsistent de ces croyances, id\u00e9aux et habitudes de jadis. Parfois, je crois les sentir vibrer en moi.<\/p>\n\n\n\n<p>Un jour, le Berger a \u00e9t\u00e9 trahi, continue la l\u00e9gende. Il disparut un temps, revint miraculeusement et la paix int\u00e9rieure inonda les c\u0153urs du troupeau. Mais il disparut de nouveau. Plusieurs hypoth\u00e8ses se croisent. Il serait simplement retourn\u00e9 chez son P\u00e8re. Ou des hommes se promenant sans culottes l\u2019auraient chass\u00e9. Il se raconte aussi que d\u2019autres, habill\u00e9s de chemises rouges, l\u2019auraient m\u00eame fait dispara\u00eetre. Quoi qu\u2019il en soit, nous ne l\u2019avons plus revu et beaucoup l\u2019ont oubli\u00e9, ainsi que son P\u00e8re que nous n\u2019avons jamais vu. Le troupeau poursuit malgr\u00e9 tout son voyage, chacun suivant celui qui trotte devant lui, sans trop savoir o\u00f9 il va. Il serait dans la nature des choses qu\u2019ils continuent \u00e0 brouter, et il vaut mieux qu\u2019ils ne se demandent pas trop pourquoi, leur souffle \u00e0 l\u2019oreille la sagesse populaire. Car, lorsqu\u2019un mouton se met \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir, il se rend bien compte que le m\u00e2chouillage de ses cong\u00e9n\u00e8res profite surtout aux loups qui se goinfrent et les oppriment. Et la nostalgie du Berger et de son P\u00e8re myst\u00e9rieux de s\u2019emparer de certains, pour tenter d\u2019effacer cette vision de la vie alors absurde et vide de sens.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La marche<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le troupeau marche et m\u00e2che. \u00c0 sa t\u00eate, quelques moutons, plus sages ou plus exp\u00e9riment\u00e9s, ou tout simplement plus entreprenants ou charismatiques. Quand tout est calme, nous aimons les suivre. Mais lorsque les loups surgissent, ils s\u2019effacent, se m\u00e9langent dans le groupe et baissent la t\u00eate. Le troupeau devient foule et se dissout en une multitude d\u00e9sorganis\u00e9e. Sauve qui peut&nbsp;! Chacun pour soi, et au mieux pour ses proches. La strat\u00e9gie des loups est simple&nbsp;: semer la peur qui pousse \u00e0 l\u2019\u00e9go\u00efsme, d\u00e9sunir pour affaiblir et en profiter pour se gaver sans trop d\u2019efforts. Quelques loups suffisent \u00e0 paniquer des centaines de moutons. Combien sont-ils&nbsp;? Peu nombreux, mais ce sont eux qui d\u00e9cident du cours des choses, maniant subtilement des moments d\u2019accalmies, mais mena\u00e7ants pour maintenir la pression, et d\u2019autres de chaos, d\u00e9ferlant de violence pour mettre au pas. Tant que les moutons font ce qu\u2019ils ont \u00e0 faire, brouter et se laisser manger, tout va bien dans l\u2019univers des loups.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais je suis l\u00e0, le chien. Un tra\u00eetre \u00e0 sa race. J\u2019aboie. Je cours. Je tente de les repousser. J\u2019attaque. Je recule strat\u00e9giquement. J\u2019aboie. Ils me blessent. Me mordent, tout comme ils mordent mes fr\u00e8res et s\u0153urs du troupeau. Mais moi, je poss\u00e8de les m\u00eames armes. Je les connais bien. Je suis presque comme eux, apr\u00e8s tout. Mon odorat les sent venir de loin. Mes dents sont peut-\u00eatre moins ac\u00e9r\u00e9es, elles n\u2019en sont pas moins impressionnantes et parfois efficaces. Mes aboiements ne font pas aussi peur que leurs hurlements, mais ils n\u2019en sont pas moins audibles et parfois respect\u00e9s. Ah&nbsp;! Si je n\u2019\u00e9tais pas si seul. Si certains moutons pouvaient se transformer en chiens et me rejoindre dans le combat. Nous formerions une meute si forte. Mieux, s\u2019ils faisaient front, tels qu\u2019ils sont, cornes au vent et de face, leurs fronts r\u00e9solus r\u00e9unis affoleraient plus d\u2019un loup. Alors, lib\u00e9r\u00e9s du joug des pr\u00e9dateurs, ma\u00eetres de notre destin, la marche sans fin prendrait un autre tournant, celui d\u2019\u00eatre simplement heureux ensemble \u00e0 la recherche permanente d\u2019une herbe qui serait \u00e0 chaque colline gravie encore plus verte dans la prochaine vall\u00e9e, sachant profond\u00e9ment que ce qui compte vraiment, ce sont ceux avec qui nous partageons ce splendide couch\u00e9 de soleil.<\/p>\n\n\n\n<p>Je suis un chien, qui se sent bien avec les moutons.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Premi\u00e8re fable 17 mai 2023 Le troupeau Je suis un chien. Un grand chien blanc, ma taille en impose et mes aboiements sont puissants, m\u00eame lorsque j\u2019essaie de moins tonner. Je n\u2019ai jamais su glapir, si ce n\u2019est dans des moments d\u2019extr\u00eame d\u00e9tresse o\u00f9 je me suis isol\u00e9 pour la ravaler. Le Berger a disparu [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":501,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-113","page","type-page","status-publish","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.liberacite.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/113","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.liberacite.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.liberacite.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.liberacite.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.liberacite.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=113"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/www.liberacite.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/113\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":305,"href":"https:\/\/www.liberacite.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/113\/revisions\/305"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.liberacite.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=113"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}